Les Lions de l’Atlas ont quitté la ville ocre vendredi en fin d’après-midi. Arrivés à Annaba dans la soirée, ils ont été accueillis par nos voisins algériens sans incidents. L’ambiance sur place et électrique. La fièvre s’est emparée de Annaba. Flashback sur la préparation de l’équipe du Maroc.
Tous s’étaient retrouvés lundi dernier pour se préparer à cette fameuse rencontre dont tout le monde parle contre l’Algérie.
Pendant leur séjour, les protégés d’Eric Gerets ont été choyés. C’est le moins que l’on puisse dire. Leur hôtel, n’était pas un hôtel comme les autres. Ce n’était pas l’hôtel 5 étoiles où ils étaient logés à l’occasion du match amical Maroc-Niger. Il y a un mois, leur hôtel se trouvait juste à côté du casino de Marrakech dans un quartier connu pour ses restos de luxe et ses boites de nuits. D’abord, il y avait trop de tentations pour les joueurs aux abords de cet hôtel, ensuite, il était assez facile pour les journalistes ou fans d’y accéder. D’ailleurs, se procurer la liste des arrivées avec à la clé le numéro de chambre de chaque joueur était un jeu d’enfant.
Pour le match d’inauguration du grand stade de Marrakech, Eric Gerets avait logé à ce même hôtel. L’occasion pour lui de découvrir le stade où allait se jouer la rencontre contre le Niger. De toute évidence, le Belge a su tirer les enseignements des jours qu’il a passé à Marrakech. Aussi bien concernant son équipe, que pour les conditions dans lesquelles elle allait se préparer avant le match contre l’Algérie.
Tout ceci explique pourquoi les Lions de l’Atlas n’ont eu le droit de s’adresser à la presse que dix petites malheureuses minutes mardi. On comprend également pourquoi Gerets n’a organisé qu’une seule conférence de presse ce même jour. Juste avant, un seul entraînement était d’ailleurs ouvert aux médias. Et depuis, plus rien. Six entrainements à huis clos.
FORTRESS
Et concernant leur lieu de résidence, il était situé à 5 minutes en car du grand stade de Marrakech, où a eu lieu la préparation. En fait, ce n’était pas un hôtel, mais un havre de paix, un palace, une sorte de château fort, de forteresse imprenable que le Lion de Rekem avait pris soin de totalement verrouiller.
L’homme a veillé durant tout son séjour à Marrakech à ce que nos Lions ne s’exposent pas. Il les a protégés du mieux qu’il a pu. Rien, absolument rien n’a filtré durant ces 5 jours. Tout le monde va bien. Tout le monde est en bonne santé. Le groupe est soudé. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Avouons que c’est un joli coup vis-à -vis des Algériens qui auraient souhaité avoir plus d’informations sur la forme de l’équipe nationale, sur le onze de départ concocté par Gerets et sur le moral des troupes marocaines.
Ceci étant, les joueurs du Maroc sont passés à Marrakech comme aucune star ne l’avait fait avant. Dans la discrétion la plus totale. Même le président français Nicolas Sarkozy, lorsqu’il séjourne incognito dans la ville ocre, se fait moins discret. Les Marrakchis n’étaient même pas très au courant que l’équipe nationale avait choisi leur ville pour se préparer…
Mais l’essentiel n’est pas là . Le match contre l’Algérie sera le premier vrai test d’Eric Gerets. Depuis son arrivée à la tête des Lions, le Belge n’a toujours pas convaincu le peuple. Rappelons qu’il avait pris un très mauvais départ, puisqu’il était entraîneur d’un club saoudien (Al Hilal) après avoir signé avec le Maroc. Il a tardé à prendre physiquement ses fonctions et c’est même son adjoint, Dominique Cuperly, qui avait ramené la victoire de Tanzanie. Le bilan de Gerets en deux matchs amicaux ne veut rien dire : une victoire contre le Niger à domicile et un match nul en l’Irlande du Nord. Le Maroc aurait pu aboutir au même résultat avec n’importe quel entraîneur. La question qui se pose est donc la suivante : depuis qu’il a pris ses fonctions, Gerets a-t-il constitué un vrai groupe homogène qui sera capable de gagner la coupe d’Afrique ?
Le boss, c’est Gerets
Au vu des entraînements, on peut dire que l’homme a instauré une discipline dans et en dehors du terrain. Il a mis en place un groupe composé d’une moitié de joueurs locaux et d’une autre de joueurs évoluant en Europe. Tous semblent s’entendre à merveille, ce qui n’était pas le cas lors de la CAN 2004 en Tunisie.
Gerets a donc écouté son instinct, mais il a aussi tenu compte de la volonté des joueurs. Exemple : Nacer Chadli, qui a trop longtemps hésité entre le Maroc et la Belgique, est devenu persona non grata, si bien que Gerets ne peut plus l’appeler.
Dans les 23, aucun élément ne joue les caïds. Chamakh et Kharja sont en quelque sorte les anciens qui donnent les conseils aux plus jeunes. Et Taarabt, après une discussion lors du précédent rassemblement a définitivement enterré la hache de guerre avec Gerets.  D'autant plus que la perte de son cousin l'a profondémment affecté. Il reste le jeune feu-follet de l’équipe, mais il ne perturbe personne. Ce qui n’aurait pas été le cas d’un Mounir El Hamdaoui. La personnalité de ce footballeur de l’Ajax qui aurait du être sélectionné de l’avis de plusieurs joueurs, fait qu’il n’a pas été retenu par Gerets. Avoir un groupe homogène, telle était la volonté de l’ancien coach de Marseille. Ici, le boss, c’est lui, et personne d’autre.
Nul doute que nous aurons des surprises en découvrant les onze qui seront sur la pelouse du stade d'Annaba au coup d’envoi. Gerets a bien caché ses cartes. Mehdi Carcela, qui a fait à lui seul plus parler de lui que toute l’équipe du Maroc lorsqu’il n’avait pas encore opté définitivement, pourrait bien créer la surprise. La star du Standard de Liège, qu’on appelle en Belgique le nouveau Zidane, avait impressionné contre le Niger. Quid de Youssef El Arabi, exemplaire depuis son arrivée au sein du groupe Maroc et qui n’a jamais eu sa chance… Sans parler de Oussam Aissaidi, qui tout comme Carcela, fait son premier match officiel avec le Maroc. Lui-même ne sait pas s’il jouera une seule minute contre les Fennecs.
Il y a longtemps, très longtemps, trop longtemps que les Marocains attendent une résurrection de l’équipe qui les avait fait rêver en 2004. 7 années ont passé et aucun entraîneur n’a réussi à enclencher le début d’un nouveau cycle. Ce sera peut-être Gerets…Mais pour cela, il faudra battre l’Algérie et qu’importe la manière. Car en football, seule la victoire est belle.
Hicham Bennani. www.radiomars.ma