C’est souvent dans l’adversité que les grandes équipes se révèlent. Dos au mur dans la difficulté de nouveaux leaders se révèlent. L’équipe du Maroc a pu hier faire bloc autour de valeurs telles la solidarité et l’abnégation. Dans la douleur d’une défection surprise, un patron s’est mis en évidence Nadir Lamayghri, un autre s’est réveillé de sa léthargie Marouane Chamakh, et un leader technique a explosé dans le bon sens du terme au plus haut niveau : Oussama Assaidi.
Petit et vif ce dribbleur de poche à l’ancienne a été la carte maitresse du dispositif offensif imaginé par Gerets. Hier Mehdi Mustapha le latéral droit algérien en a vu de toutes les couleurs. Comme tous les ailiers formés en Hollande, As Saidi que personne ne connaissait réellement a percuté, débordé, centré, amené vers des fausses pistes et puis marqué.
Il ya deux semaines au début du stage préparatoire pour ce derby maghrébin, personne n’avait parié le moindre dirham sur sa titularisation, mais la qualité de ses entrainements lui a permis de gagner ses galons d’incontournable dans ce match. Le joueur d’Heerenven en Hollande a même été involontairement à l’origine de l’affaire Taarabt. Ce dernier visiblement dégouté a faillit mettre en péril l’unité du groupe. Heureusement Gerets est resté fidèle à ses principes. La prime revient au joueur qui pense au collectif, à l’individualité qui pense au groupe.
Il y a deux mois, le lion de Rekem avait fait un changement que l’on pouvait taxer de bizarre à Annaba. As Saidi était entré en jeu à la 87ème minute. A l’époque on s’était gaussé sur cette initiative, aujourd’hui on comprend pourquoi le coach avait tenté ce coup de poker. Gerets croit tellement dans les capacités de son ailier de poche, qu’il avait imaginé que ce dernier pouvait en une action lui sauver le point du nul. Cette fois il lui a donné 75 minutes et il ne l’a pas regretté.
Il y a trois mois presque personne ne connaissait Oussama Assaidi, ce fils de rifain qui avait opté pour son pays d’origine, aujourd’hui il est le héros de toute une nation. En un trimestre son ascension a été météorique et son destin hors du commun. Tant mieux si le Maroc peut disposer d’un tel talent au service du collectif. Maintenant petit Assaidi devra grandir, il aura certainement à subir des marquages plus féroces, et à encaisser des tacles plus vicieux. Toutefois vu son humilité, il saura faire preuve de patience avant de surgir et faire la différence.
En tous cas depuis hier, toute une nation chante à tue tête le même refrain : Merci Assaidi, merci Gerets et merci….Taarabt.
Amine Birouk. www.radiomars.ma