La CAN 1988, qui a lieu au Maroc, laissera un souvenir bien amer aux supporters marocains. Les Lions de l’Atlas sont en effet les grandissimes favoris d’une compétition organisée sur leurs propres terres, deux ans après avoir brillamment représenté l’Afrique à la Coupe du Monde 1986.
Le premier tour de la compétition ne s’annonce pas de tout repos avec un groupe de la mort où cohabitent le Maroc, le Zaïre, l’Algérie et la Côte d’Ivoire.
A l’occasion du match d’ouverture, les Marocains, privés du virtuose Dolmy, se font accrocher par la redoutable équipe zaïroise du Lyonnais Eugène Kabongo (1-1). Un résultat d’autant plus décevant que les coéquipiers de Merry Krimau avaient pris les devants avant de se faire rejoindre devant 80.000 spectateurs médusés.
Mais c’est la seconde rencontre face aux Fennecs qui restera à jamais gravée dans les mémoires. L’ambiance est surréaliste. Le Maroc est sous tension mais exerce une pression sans pareille sur les coéquipiers de l’artiste Hakim Medane.
Il faut attendre la seconde période pour assister à l’unique but de la partie : débordement d’El Ghorf, remise de la tête d’Aziz Bouderbala et reprise imparable de Mustapha El Haddaoui. L’ambiance au complexe Mohammed V de Casablanca est exceptionnelle.
Avec cette victoire décrochée de haute lutte, les Marocains gèrent leur dernière rencontre face aux Ivoiriens du Monégasque Salikou Fofana. Un nul vierge leur ouvre grande les portes des demi-finales où ils affrontent les redoutables Lions Indomptables de Roger Milla.
L’expectative est grande au Maroc à l’occasion de cette demi-finale. Et pourtant ! Le stade n’est pas plein et les Marocains paraissent timorés en début de rencontre. Le gardien de but Badou Zaki parvient à détourner un penalty sifflé en faveur des Camerounais. Mais c’est l’attaquant Cyril Makanaky qui ruine les espoirs des Marocains sur un maître tir des 20 mètres.
Le Maroc est éliminé de « sa Coupe d’Afrique ». Le coup de tonnerre est retentissant. Ce faux pas inimaginable pour les supporters marocains marque la fin d’une génération dorée qui n’aura paradoxalement remporté aucune Coupe d’Afrique des Nations.